Un an pile : nous apprenions au petit matin, par un message du SNES de Polynésie, que nous étions sur la liste, avec ce drôle de nom : Pirae. Google earth ne savait
pas vraiment où se situait le Taaone (nom du collège), et nous ne l'avons localisé précisément que le jour de la prérentrée ! Une commune qui nous semblait acceptable, dans la zone urbaine...
nous avons encore attendu 1 mois avant l'affichage officiel, et encore 10 jours avant de se décider. Nous avons beaucoup consulté : le syndicat à Paris (merci
à Henri-Jean pour sa patience), Katia, prof de latin dans la Barousse, qui y a vécu il y a 4 ans), Éric qui a fait son service militaire aux Tuamotu il y a ....pfff, beaucoup plus !.... Et
pour tous c'était OUI.
Après, ça n'a pas été évident quand même. d'abord l'installation matérielle : pour les profs, il n'y a aucune aide, débrouillez-vous. Il a fallu dénicher un contact qui veuille bien se charger de
visiter les maisons repérées sur annonce (merci Kakie, et surtout Greta). jongler avec le décalage horaire pour les appels téléphoniques, inscrire les enfants à distance dans des école et collège
impossibles à localiser. organiser le déménagement (3 mois de camping !). peu de contact avec les collègues déjà sur place : trop occupés, pas intéressés. l'impression surtout que les expatriés
forment une caste soudée, difficile à pénétrer. On fera sans eux.
et puis le vertige de l'arrivée sur place : la chaleur, les odeurs, les sons, le jet-lag, tout est nouveau, à 8 jours de la rentrée des classes ! trouver un téléphone, une voiture, visiter la
maison, emmenager avec...rien, visiter l'école, le "centre de la mère et de l'enfant", faire la queue à la poste, à EDF (pardon, EDT) faire la rentrée en même temps, ....
et ne pas avoir internet avant des semaines, alors que le programme d'histoire-géo est "adapté", et que nous ne connaissons rien sur la Polynésie depuis l'antiquité, ou sur l'Océanie en Géo !!!! et
que au collège, c'est ... la dèche, que des manuels ancestraux, et même pas un par élève... on bricole, on s'adapte. J'ai refait des cartes et des fiches à la main !
Le plus gros problème au début a été l'argent. Nous avions pourtant prévu, avec 2 mois chacun d'avance sur salaire, le compte était ouvert à la poste, le chéquier commandé, mais... on ne nous a dit
que fort tard que la commande de chéquier ne valait que si il y avait 12 000 F (1000 €, quand même : merci Olivier pour le prêt) sur le compte, il a fallu accepter que les virements mettent plus de
3 semaines, alors qu'il fallait payer tout, tout le temps pour tout. Et, avec les retraits en liquide limités à 300 €, ... Au début, l'argent file à une vitesse folle ! le banquier était
prévenu, et compréhensif, heureusement, et nous avions même prévu un passeport crédit de 20 000 €, mais il les fallait bien.
Nous avons eu chaud quelques jours aussi avant de pouvoir assurer (et donc acheter) la voiture : notre bonus avait été un peu écorné par deux petits accrochages "responsables" dans les 2 ans
précédents, et aucun des assureurs français ne voulait de nous, les cancres ! ANSET, assureur australien bien implanté ici, ne nous a fait, lui aucun problème, y compris pour nous prendre en
"tous risques", et à un tarif bien plus avantageux ! Ouf !
Bref, au souvenir de l'énergie demandée par les 3 premiers mois, je suis à nouveau essoufflée ! la première semaine de vacances en septembre nous a permis de finir les démarches et s'équiper un
peu. Les vacances de noël (4 semaines) on été salutaires, mais on n'a commencé à être plus sereins qu'en janvier, et on ne commencera je pense à profiter vraiment qu'au bout d'un an. ça incite à
rester un peu...
Heureusement, dès le début, les garçons, enthousiasstes, ont adoré être ici, et ça nous a maintenu un bon moral tout le long ! Merci les Luscar !